La pelote de laine

19 06 2013

 L’exercice d’aujourd’hui : la beauté des objets du quotidien

Choisir un objet qui accompagne le quotidien puis écrire un court texte en prose pour le décrire de façon détaillée. Attention, il ne s’agit pas de faire une description scientifique : il faut trouver comment être original, comment surprendre le lecteur et en un mot, comment être poétique !

J’ai choisi… suspens…  roulements de tambour … une pelote de laine.

La pelote de laine

Le bonheur c’est simple comme un magasin de laine. Des casiers arc en ciel bien rangés, tellement bien rangés et colorés en dégradés assortis que c’en est artistique, poétique. Il y règne un charme harmonieux qui dégage une apaisante sérénité. C’est à peine si vous osez prélever une pelote au risque de rompre le bel équilibre.

Qu’importe, vient ensuite le choix épineux en prévision du résultat parfait, la bonne couleur, la bonne texture, le bon calibre. Quel dilemme ! Puis, le retour à la maison avec le trésor balançant au bout du bras dans un sac de papier kraft.

La pelote n’est pas en reste, elle aussi envoie un sentiment de quiétude. Un ensemble parfait de fils enroulés en volutes à la manière d’un jardin japonais idéalement ratissé autour d’un petit trou mystérieux. Un petit vide à chaque extrémité où il est si tentant d’y enfouir le doigt à la recherche du bout de fil caché et de le tirer comme un long spaghetti, très long, car si vous n’y prenez pas garde vous vous retrouverez avec quelques deux cent mètres de laine sur les pieds. Encombrant ! Ce petit fil à tirer, avec modération, est une invitation à la création. Vite deux aiguilles à tricoter, du trois et demi, le numéro le plus justement équilibré. Ni trop gros, allez porter un énorme pull et ressembler à une aubergine ; ni trop fin, allez tricoter un gilet qui n’en finit pas de monter.

La pelote, ça caresse la joue, ça chatouille le nez. La pelote c’est magique, cinquante grammes de velouté, de douceur et de promesse de réussite pour un joli cadeau qui fera très plaisir à son destinataire mais bien moins qu’à sa créatrice.

A ce tableau idyllique il ne manque que le chat ronronnant… devant l’âtre rougeoyant… Oui mais ça c’était avant. Aujourd’hui la tricoteuse est trentenaire, branchée et espiègle. Elle tricote dans les cafés ou dans la rue, réalise des guirlandes, des écharpes à gogo ou des souris vertes. Elle habille les candélabres et les statues, elle a même son salon, c’est dire !

magasin laine

crédit image comptoir de la laine

 © Sylvie Andreini


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