Quelqu’un pour qui tricoter

14 06 2016

Le groupe des fans de Gilles Legardinier auquel je participe organise un LOGO RALLYE. Pas moins de 54 mots empruntés aux titres ou aux textes des derniers romans.

Pas d’obligation à utiliser les 54 mots bien sûrs. J’en ai utilisé pas mal cependant… Les mots imposés sont en majuscules.

QUELQU’UN POUR QUI TRICOTER

  • Non, je n’irai pas à EDIMBOURG chez la vieille CELINE ! Un vrai MAJORDOME, en plus elle pique ! s’écrie le CHAT.

Les bras croisés sur poitrine il boude. MARIE n’avait pas imaginé avec quelques bouts de laine donner vie à un chat DEJANTE, de laine mais DEJANTE tout de même. Quelle FOLIE !

Depuis son départ à la retraite, l’ancienne INFIRMIERE s’ennuyait dans son grand APPARTEMENT. Elle avait commencé par le redécorer. Exit le papier peint désuet aux ANGES dorés du séjour, les BALLONS ROUGES de la chambre d’enfant. Une fois L’APPAREMENT rénové avec CHALEUR, l’ennui était revenu.

Puis un COUPLE qui attendait un bébé avait emménagé juste au dessus. Ses ENFANTS ayant grandi, MARIE avait relégué sans REGRETS ses aiguilles à tricoter au fond d’un tiroir. Elle les ressortit avec un évident plaisir, presque des RETROUVAILLES. Elle avait à nouveau QUELQU’UN pour qui tricoter.

Du plus profond de son imagination avaient émergé sous ses doigts des petits bouts de jersey rayés et multicolores, qui une fois les fils arrêtés, les morceaux assemblés et rembourrés donnèrent un doudou unique pour un bébé CHARMANT. Elle préféra attendre encore quelques jours avant de l’offrir à la petite LEA qui venait de naître. Elle lui trouvait un je ne sais quoi d’ HUMANITE. Sur la PLANCHE de bois flotté, devenue étagère le doudou trônait à côté d’un KANGOUROU en papier mâché et d’un LAPIN ROSE en céramique. MARIE a toujours eu de drôles de goûts, un UNIVERS bien à elle. Par exemple, de ses CASSEROLES ont surgit pour sa FAMILLE ou ses AMIES quantité de ses fameux GATEAUX AU CITRON et aux bonbons PETILLANTS. Pas RATES, juste surprenants, leur vrai VALEUR tenait au fait qu’il étaient réalisés par AMITIE avec GENEROSITE.

Je te GLOBICHE avait-elle dit un soir au CHAT de laine. Que se passa-t-il durant la NUIT, toujours est-il qu’au matin, il avait croisé les jambes. MARIE ne s’en aperçut pas SPONTANEMENT. Puis il lui semblât être suivie du regard, une impression fugace. J’ai les neurones complètement CRAMES pensa-t-elle. DEMAIN, J’ARRETE les romans policiers et le PARACETAMOL.

  • Tu me donnes quand à LEA ?

Marie sursauta. QUELQU’UN avait parlé. Elle regarda par la fenêtre, juste la branche de l’ ARBRE qui gratte la vitre. A la porte, personne.

  • Tu me donnes quand à LEA ?

L’EMOTION passée, elle dût se rendre à l’évidence, le CHAT de laine l’interpellait.

  • Tu parles ?
  • Et alors ? Cela t’étonne.
  • Un peu tout de même. La SITUATION n’est pas banale.

Au fil des jours, entre FOUS RIRES et LARMES un dialogue s’instaura entre MARIE et son CHAT de laine. Plus question donner ce PROTOTYPE à la PERSONNALITE affirmée au bébé des voisins.

  • Désormais j’aimerais que tu m’appelles ANDREW, Doudou c’est naze.
  • Et pourquoi pas MEPHITSTO, je suis SCIEE, tu MANQUES totalement d’ HUMILITE, je continuerai de te nommer Doudou.

Doudou bouda une fois de plus et en incorrigible bavard relança la discussion.

  • Qu’est que tu fais ?
  • Je tricote
  • Je le vois bien, c’est quoi ? C’est pour un DEGUISEMENT ?
  • C’est une ECHARPE.
  • Pour qui ?
  • Pour toi, ANDREW.
  • N’empêche, j’irai pas à EDIMBOURG DEMAIN.

Avoir quelqu’un pour qui tricoter ce n’est pas seulement de l’ AMOUR à donner, c’est avoir QUELQU’UN pour le recevoir.

Vous l’avez reconnu ?

doudou chat boudeur

Sylvie Andreini



Ecriture commune pour Gilles Legardinier

29 01 2016

Je participe à une écriture commune, le destinataire en est Gilles Legardinier, écrivain de livres aussi chouettes que “demain, j’arrête” ou “complètement cramé” ou le tout dernier “quelqu’un pour qui trembler”.
Nous sommes 19 participants. Le thème : Noël, et plus précisément la quête de l’esprit de Noël. Direction la Laponie, un elfe nommé Malice, les hauts sapins verts et une maisonnette. J’arrive en 9e position d’écriture et la dernière phrase du 8e  participant était :

De la fumée sortait doucement de la cheminée et une douce lumière dorée s’échappait des quelques petites fenêtres projetant un halo de lumière sur le tapis de neige immaculé. Sur la porte, un petit écriteau de bois joliment sculpté indiquait juste ces quelques mots « Ne restez pas dehors, entrez ! »

maison ronde

Voici ma contribution aux tribulations du héros.

Gilles toque néanmoins à la porte qui s’ouvre seule comme par enchantement. Il n’en est pas plus étonné que cela. Il se passe tant d’événements curieux depuis le début de ses pérégrinations que finalement une porte qui s’ouvre seule lui semble presque normal.

Il entre dans la maisonnette, c’est une grande pièce unique, ronde. Au centre, un feu crépite dans un foyer fait d’un simple cercle de pierres. La fumée s’échappe en volutes par le plafond percé d’un orifice d’où l’on peut apercevoir les étoiles de la nuit polaire. Une vieille femme assise sur un fauteuil bas tisonne les braises.

- Te voici enfin Gilles, tu en as mis du temps dit la vieille sans le regarder.
- Vous me connaissez ? Vous saviez que j’allais venir ? Comment est-ce possible ? s’exclame Gilles qui en a retrouvé la voix.

La vieille femme élude ses questions d’un geste de la main et esquisse un sourire malicieux.
- Assieds toi et ne t’encombres pas de questions inutiles dit-elle en lui désignant un siège biscornu fait de branchages, l’assise est en peau de renne tendue et l’ensemble semble bien fragile.

Il s’installe précautionneusement.
- Alors comme ça tu cherches des réponses, mais connais-tu au moins la question ?

Gilles interloqué ne sait que répondre. En effet quelle est la question ?

La vieille, bienveillante, lui offre une tasse de thé avec une tranche de pain d’épices et le laisse à ses réflexions. Un thé bien chaud, un pain d’épices parfumé, la chaleur réconfortante de la flambée, Gilles finit par s’assoupir. Après un moment, il sent sur sa main la caresse d’un ruban de soie . Il tire le ruban encore et encore, comme il est long ! Et enfin au bout il aperçoit quelques mots, des mots lumineux qui forment une phrase, non qui forment une question et qui s’évanouissent aussitôt dans un battement d’ailes.

Il s’éveille en sursaut et s’écrie :
- J’ai trouvé la question !
- Enfin ! réplique la vieille qui se dirige au fond de la pièce.

Elle en revient avec un cage où trône un bel oiseau bleu. La porte de la cage est fermée d’un ruban de soie bleue. La vieille dénoue le ruban et libère l’oiseau. Elle met dans la main de Gilles le ruban et lui explique :
- Malice t’attend dehors, suivez l’oiseau bleu, il vous conduira là où tu veux aller. Prends aussi ce ruban, il pourra te servir quand tu seras en difficulté.

Gilles sort de la maisonnette après avoir chaleureusement remercié la vieille femme et s’en va retrouver Malice.

oiseau bleu

Sylvie Andreini



Tautogramme

7 07 2014

En  relisant l’article de la lettre P, j’ai réalisé que je proposais en quelque sorte à votre créativité un jeu d’écriture, le tautogramme. Il s’agit d’une phrase ou d’un vers dont tous les mots commencent par la même lettre.

Banco !

Patapouf, petit pingouin pékinois perdu pionce parmi plusieurs palétuviers.

Pan ! partout pétaradent plusieurs pétrolettes poussives.

Désolée pour les amoureux de poésie ;-) !

Filplume



Chronique potagère

26 10 2013

Exercice d’écriture. Reprendre un texte court écrit de vos petites mains et le réécrire sur 4 modes différents.

Texte original
La première fois que j’ai eu un jardin, c’était tout au fond d’un grand jardin. Il m’avait été attribué une petite parcelle entre le groseillier à maquereaux et l’ombre du pommier. Coin de terre inculte abandonnée par le jardinier et qui avait pourtant fait mon bonheur. J’y avais planté des radis, beaucoup de radis et les avais assidument arrosés. On aime bien les radis quand on a 8 ans.

Mathématiques
” Prenez votre cahier du jour et écrivez à 2 cm de la marge
Vous avez décidé de planter pour la première fois des radis. Pour cela, l’agriculteur vous a attribué un lopin de terre à l’angle supérieur droit de son jardin. Sachant que le jardin est un parallélépipède rectangle de 9 m sur 6 m, que la surface octroyée représente 10% du terrain et que les radis occupent 45% du lopin, quel est l’âge du jardinier en herbe ? ”

Policier
Deux hommes en tablier verts et sabots crottés font irruption dans le grand jardin et se dirigent droit sur le garçonnet.

  • Brigade potagère, présentez votre sachet de graines !
  • Voici messieurs, dit-il en leur tendant timidement le sachet de radis roses.
  • Hum, vos sillons ne sont pas règlementaires, les radis doivent être espacés de 10 cm maximum et à une distance de 20 cm du groseillier à maquereaux !
  • Je l’ignorais monsieur le brigadier jardinier, veuillez m’excuser
  • Hum, hum, ça ira pour cette première fois, faites attention dorénavant et n’oubliez pas les arrosages fréquents !

Dur dur la culture !

Culinaire
Fraiser le coin de jardin avec une fourche bêche
Etaler la terre en une abaisse régulière
Creuser des sillons réguliers à l’aide d’une binette
Délayer les graines des radis dans une poignée de sable
Saupoudrer les sillons de l’appareil sable-graines
Mouiller généreusement d’eau claire.
Zester d’espoirs gourmands et attendre 21 jours avant dégustation.

Pastiche
Être jardinier ou ne pas être ? Telle est la question.
Y-a-t-il plus de jardins fertiles sous l’ombre du pommier ou au ras du groseillier à maquereaux ?
Bêcher, planter rien de plus .
Avoir des radis on ne pas en avoir ?
Qu’est ce que tu préfères ?

© Sylvie Andreini



Le club des cinq

18 10 2013

La belle suprise de l’atelier d’écriture.
Plonger la main dans un panier, en retirer un objet emballé. Le déballer et écrire telle est la consigne.

cartesjouer1.jpg

De quoi ? Des cartes à jouer imagées !

Cinq de carreau à Malo les Bains à cinq heures de Paris.

Cinq de cœur au cabinet dentaire. Cinq dents ou un dentier complet pour cinquante euros. Chez Iris, 5 rue de la monnaie à Saint Quentin.

Cinq de trèfle au lac d’Annecy. Une belle dame au chapeau jaune montre du doigt on se sait quoi. Son compagnon aussi sans doute, le menton dans la main il semble bien las.

Cinq de pique pour finir en beauté, le palais de Fontainebleau s’il vous plait !

Il faudrait une dernière couleur pour boucler l’inventaire des cinq, à moins qu’il ne soit plus aisé de la rêver.

© Sylvie Andreini



La pelote de laine

19 06 2013

 L’exercice d’aujourd’hui : la beauté des objets du quotidien

Choisir un objet qui accompagne le quotidien puis écrire un court texte en prose pour le décrire de façon détaillée. Attention, il ne s’agit pas de faire une description scientifique : il faut trouver comment être original, comment surprendre le lecteur et en un mot, comment être poétique !

J’ai choisi… suspens…  roulements de tambour … une pelote de laine.

La pelote de laine

Le bonheur c’est simple comme un magasin de laine. Des casiers arc en ciel bien rangés, tellement bien rangés et colorés en dégradés assortis que c’en est artistique, poétique. Il y règne un charme harmonieux qui dégage une apaisante sérénité. C’est à peine si vous osez prélever une pelote au risque de rompre le bel équilibre.

Qu’importe, vient ensuite le choix épineux en prévision du résultat parfait, la bonne couleur, la bonne texture, le bon calibre. Quel dilemme ! Puis, le retour à la maison avec le trésor balançant au bout du bras dans un sac de papier kraft.

La pelote n’est pas en reste, elle aussi envoie un sentiment de quiétude. Un ensemble parfait de fils enroulés en volutes à la manière d’un jardin japonais idéalement ratissé autour d’un petit trou mystérieux. Un petit vide à chaque extrémité où il est si tentant d’y enfouir le doigt à la recherche du bout de fil caché et de le tirer comme un long spaghetti, très long, car si vous n’y prenez pas garde vous vous retrouverez avec quelques deux cent mètres de laine sur les pieds. Encombrant ! Ce petit fil à tirer, avec modération, est une invitation à la création. Vite deux aiguilles à tricoter, du trois et demi, le numéro le plus justement équilibré. Ni trop gros, allez porter un énorme pull et ressembler à une aubergine ; ni trop fin, allez tricoter un gilet qui n’en finit pas de monter.

La pelote, ça caresse la joue, ça chatouille le nez. La pelote c’est magique, cinquante grammes de velouté, de douceur et de promesse de réussite pour un joli cadeau qui fera très plaisir à son destinataire mais bien moins qu’à sa créatrice.

A ce tableau idyllique il ne manque que le chat ronronnant… devant l’âtre rougeoyant… Oui mais ça c’était avant. Aujourd’hui la tricoteuse est trentenaire, branchée et espiègle. Elle tricote dans les cafés ou dans la rue, réalise des guirlandes, des écharpes à gogo ou des souris vertes. Elle habille les candélabres et les statues, elle a même son salon, c’est dire !

magasin laine

crédit image comptoir de la laine

 © Sylvie Andreini



La bataille des 10 mots

20 03 2013

 Qu’est ce que la Bataille des 10 Mots ?

Depuis 2011, la Bataille des 10 mots rassemble toutes celles et ceux qui aiment jouer avec les mots et la langue française. Basé sur les dix mots de l’année, définis dans le cadre de l’opération “Dis-Moi Dix Mots” à l’occasion de la Semaine de la langue française et de la Francophonie, le thème peut être traité sur tous les tons : poème, court récit ou nouvelle, photo, œuvre artistique ou digitale, performance, danse, musique, chant, vidéo…

La Bataille des 10 Mots est ouverte pendant seulement 24 heures, du 20 mars à 12h au 21 mars 2013 à 11h59. C’est pendant cette période que les participants francophones (France, Suisse, Belgique, Québec…) peuvent poster leur contribution sur ce site et… entrer dans la bataille !

Les dix mots de l’année sont : ATELIER, BOUQUET, CACHET, COUP DE FOUDRE, ÉQUIPE, PROTÉGER, SAVOIR-FAIRE, UNIQUE, VIS-À-VIS, VOILÀ.

Toutes les créations sont soumises à un jury de professionnels, qui sélectionne les meilleures œuvres dans chaque catégorie.
Les votes du public comptent également. Votez pour moi :-) !

Voici ma contribution

La promenade

C’est un petit atelier joliment biscornu, niché sous un bouquet de bouleaux blancs. Mademoiselle en avait eu le coup de foudre à sa première visite et en avait fait l’acquisition, pour Claude. Dotée d’un savoir faire et d’un goût évident, elle avait redonné à cet appentis encombré et envahi de toiles d’araignées un certain cachet, le charme discret de la campagne normande. En ce lieu unique, avec pour seul vis à vis un champ de coquelicots où elle ne sortait jamais sans son ombrelle pour se protéger des rayons du soleil, elle aimait penser qu’elle faisait équipe avec lui. L’aimer, le regarder peindre, voilà sa vie.

 © Sylvie Andreini

La promenade, Claude Monet
Claude Monet, La promenade



Crise de froid

28 01 2013

Aujourd’hui : créer une ambiance sonore avec l’assonance. Une assonance est la répétition d’un son voyelle, l’allitération étant la répétition d’un son consonne.

Un peu à la manière de Paul Verlaine qui joue avec le son “eu” pour rendre la tristesse de l’ambiance palpable.
“Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?”

J’ai choisi d’illustrer “le froid” (un peu de saison) avec le son “oi“.

Crise de froid

Le froissement de sa robe de bure noire déchire l’air froid des arcades du cloître. Le moine boiteux recoiffe sa capuche moite. Ses doigts roides serrent la croix de bois à la broyer. Encore un jour sans joie. Qu’en est-il de ma foi ? Au loin, au delà des murs couverts de moisissures le cri lugubre du corbeau semble lui répondre : croa, croa, croa.

© Sylvie Andreini

Exercice proposé par Rebecca



L’heure du rat

17 01 2013

Écriture à 4 mains.

A la manière d’Une histoire à quatre voix de Anthony Browne. Cet album de littérature de jeunesse rapporte la sortie au parc de quatre personnes : une femme et son fils, un père et sa fille. Chacun à son tour raconte la promenade de son point de vue.

L’exercice : choisir un fait ou un moment et le raconter quatre fois, de façon brève, en prenant les points de vue du personnage principal, de deux témoins et d’un objet qui joue un rôle dans la scène.

Elle, amusée

Il avance en équilibre sur le rebord de la fenêtre du salon, altier, la queue en l’air. Les positions dominantes ont sa faveur. Soudain, ses prunelles s’allument d’un nouvel éclat. Nerveusement, il tourne la tête sur le côté, saute à terre et s’élance dans une course rapide autour de la table. Ses pattes avants semblent avaler le sol et négocient un virage au coin de la table. Le train arrière chasse, il patine, dérape et repart de plus belle vers le couloir. Il grimpe les escaliers quatre à quatre en tentant probablement de battre son dernier record. A l’étage, ses pattes griffues rythment un staccato trépidant sur le parquet. Toutes les pièces y passent, accélérations, dérapages, ralentissements, ré accélérations se succèdent. C’est l’heure du rat.

Après quelques minutes folles, la cavalcade décroît et s’éteint, le silence revient. Du haut des marches il jette un regard princier avant d’entamer sa descente d’une démarche assurée, majestueux, autant qu’on peut l’être la tête en bas et le cul en l’air deux marches plus haut. Puis il se dirige vers moi, saute derechef sur mes genoux et s’y installe en rond sans solliciter mon accord, en heureux propriétaire. Une dernière léchouille sur sa patte et il s’endort.

Le chat, roi des souris

Chut ! Je crois que j’ai entendu un bruit, cela provient de la salon. Essayons de surprendre l’intruse. Rien du côté de la fenêtre, voyons un peu plus loin. Là, je l’ai vue, elle se cache sous la table. Je m’en vais te la déloger de là. Ah, la futée elle profite de mon dérapage pour envahir l’étage. Si elle croit m’échapper, elle se trompe. Je suis le plus rapide en gravissement d’escaliers. Aucune marche ne me résiste, je m’envole. La voilà, sous le lit. A nous deux. Elle s’enfuie dans l’autre chambre, sous l’armoire, puis derrière le chevet. Elle est bionique ou quoi ? Non, elles sont plusieurs, je comprends mieux. C’est une invasion ! Aux grands maux, les grands remèdes, un double salto et me voici transformé.  Je suis devenu “Super Cat” et je vous attraperai toutes, une par une ou deux par deux s’il le faut. Gare à vous !
Ah, cela fait du bien un peu d’exercice, mais je reprendrai la chasse demain. Désolé les filles, mon humaine lit en bas, je vais la rejoindre pour une sieste réparatrice.

L’escalier, mégalo

Je suis le centre névralgique de ces lieux. Dès l’ouverture de la porte principale on me découvre, et comme dans les maisons coloniales du sud des États Unis je m’élève impérialement et distribue toutes les pièces de l’étage. Au rez de chaussée j’occupe le centre du hall et régule la circulation. Je vois tout et distingue tous les pas. Lui, le pied bien posé sur chacune de mes marches en une ascension lente et mesurée. Elle, guillerette, sur la pointe des pieds pour muscler ses fessiers. Et ce fada de chat qui se prend pour un super héros.

Lui, lapidaire

Il est con ton chat.

chat blanc

Qui va là ?

 Exercice proposé par Rebecca

# Filplume



Lipogramme- La petite cape bleue

22 10 2012

Un lipogramme est un jeu d’écriture qui consiste à écrire un texte en enlevant
délibérément une lettre de l’alphabet. Ce jeu a été inventé par l’Oulipo, un groupe
fondé en 1960 et comprenant, entre autres, des écrivains comme Raymond Queneau.

L’exercice proposé : réécrire le petit chaperon rouge en supprimant la lettre O.

le-petit-chaperon-rouge-pastel.jpg

La petite cape bleue

Dans un village au Tibet, vivait une petite fille. Sa maman lui avait tissé une petite cape bleue qui lui seyait si bien qu’au village les gens l’appelaient la petite cape bleue.

Un dimanche, sa mère ayant cuit des galettes, lui demanda : va rendre visite à ta grand-mère car des gens disent qu’elle est malade. Emmène lui une galette et cette livre de beurre de yack. La petite cape bleue partit derechef rendre visite à sa grand-mère qui demeurait dans un autre village. En passant dans une futaie, elle se heurta à messire le Yéti, qui eut bien envie de la manger, mais il ne s’y risqua pas, à cause de quelques sherpas qui vivaient près de là.

Il lui demanda ce qu’elle faisait. La pauvre enfant, qui ne savait pas qu’il est dangereux de discuter avec un Yéti, lui dit : je vais rendre visite à ma grand-mère et lui emmener une galette et une livre de beurre de yack. Demeure-t-elle près d’ici ? s’enquit le Yéti ? Que nenni dit la petite cape bleue, c’est par-delà le temple de pierre, la dernière cabane du village. Eh bien, dit le Yéti, je peux lui rendre visite aussi, je m’y rends par ce chemin-ci et tu prendras ce chemin-là. Celui qui arrive en premier aura gagné. Le Yéti partit ventre à terre par le chemin le plus rapide, et la petite fille s’en alla par le chemin le plus sinueux, s’amusant à cueillir des petites fleurs, à attraper des insectes et à ramasser des graviers.

Le Yéti mit peu de temps à arriver à la cabane de la grand-mère et frappa au vantail. Tac, tac, tac. Qui est là ? C’est ta petite fille, la petite cape bleue, minauda le Yéti, qui t’amène une galette et une livre de beurre de yack. La gentille vieille était peu vaillante et lui cria du lit : tire la targette et le vantail s’écartera . Le Yéti tira la targette et entra dans la cabane. Il se jeta sur la vieille femme et l’avala en quelques instants. Ensuite, il ferma le vantail et s’installa dans le lit de la grand-mère en attendant la petite cape bleue qui quelque temps après vint heurter à l’entrée. Tac, tac, tac.

Qui est là ? La petite cape bleue, qui entendit l’accent grave du Yéti eut peur dans un premier temps, mais pensant que sa grand-mère était enrhumée, répliqua : c’est ta petite fille, la petite cape bleue, qui t’amène une galette et une livre de beurre de yack. Le Yéti lui cria en imitant le timbre d’une vieille femme : tire la targette et le vantail baillera. La petite cape bleue tira la targette et le vantail s’effaça devant elle.

Le Yéti la laissa entrer et lui dit en se cachant entre les draps : mets la galette et la livre de beurre sur la huche et viens t’étendre ici. La petite cape bleue se déshabilla et se mit au lit. Elle fut bien surprise de remarquer l’aspect velu de sa grand-mère. Elle lui dit : que tu as de grand bras. C’est afin de mieux t’embrasser, ma fille. Que tu as de grandes jambes. C’est afin de mieux danser, ma fille. Que tu as de grandes oreilles, c’est afin de mieux t’entendre chanter ma fille. Que tu as de grands-yeux, c’est afin de mieux t’admirer ma fille. Que tu as de grandes dents. C’est afin de mieux te becqueter ma fille. Et l’affreux Yéti se jeta sur la petite cape bleue et la mangea.

© Filplume

Si vous aussi vous voulez essayer le lipogramme, je vous propose le défi suivant : réécrire la cigale et la fourmi sans i.

Crédit photo : id-en bulle sur Artblog








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