La première fois que

24 09 2013

Vive la rentrée et la reprise des activités.

Hier, c’était atelier écriture à Lé-fé-plume. Nelly nous a proposé un stater stimulant : la première fois que …

La première fois que j’ai eu un jardin, c’était tout au fond d’un grand jardin. Il m’avait été attribué une petite parcelle entre le groseillier à maquereaux et l’ombre du pommier. Coin de terre inculte abandonnée par le jardinier et qui avait pourtant fait mon bonheur. J’y avais planté des radis, beaucoup de radis et les avais assidument arrosés. On aime bien les radis quand on a 8 ans.

radis.jpg

Emprunt image à Potager-Maison.com

© Sylvie Andreini



C’est la rentrée

4 09 2013

Déjà septembre, pendant que les enfants foulaient à nouveau les pavés de la cour de récréation avant le coup de sifflet (je crois que cela n’existe plus, mais l’image de mon enfance reste), j’ai fait moi aussi ma rentrée, foulé hardiment le sol du magasin Phildar et fait le plein de pelotes.

pelotes phildar

Il y a en projet

  • un pull irlandais pour mon petit fils
  • une panoplie hivernale pour ma petite fille : sac à main, écharpe, bonnet
  • et une robe pour ma petite nièce qui vient de nous adresser ses premiers sourires.

Participer à la grande oeuvre collective organisée par Bergère de France et le salon Création et Savoir Faire. J’ai écrit comme proposé (voir l’article sapin tricot) et reçu 48 heures plus les pelotes promises. Yapluka !

pelotes bergère de france

Côté broderie, terminer le kokeshi et commencer un plateau printanier.

Reprendre la plume, ça serait bien aussi. Je deviens paresseuse ou alors épicurienne ? Cueilles le jour présent sans te soucier du lendemain.

Côté couture faire des sacs à pain, des coussins, des chemins de table, des sets de table

Sans compter tous les rendez-vous de randonnée pédestre et surtout, surtout mon départ imminent pour la Corse

Une belle rentrée :-P

Filplume



La pelote de laine

19 06 2013

 L’exercice d’aujourd’hui : la beauté des objets du quotidien

Choisir un objet qui accompagne le quotidien puis écrire un court texte en prose pour le décrire de façon détaillée. Attention, il ne s’agit pas de faire une description scientifique : il faut trouver comment être original, comment surprendre le lecteur et en un mot, comment être poétique !

J’ai choisi… suspens…  roulements de tambour … une pelote de laine.

La pelote de laine

Le bonheur c’est simple comme un magasin de laine. Des casiers arc en ciel bien rangés, tellement bien rangés et colorés en dégradés assortis que c’en est artistique, poétique. Il y règne un charme harmonieux qui dégage une apaisante sérénité. C’est à peine si vous osez prélever une pelote au risque de rompre le bel équilibre.

Qu’importe, vient ensuite le choix épineux en prévision du résultat parfait, la bonne couleur, la bonne texture, le bon calibre. Quel dilemme ! Puis, le retour à la maison avec le trésor balançant au bout du bras dans un sac de papier kraft.

La pelote n’est pas en reste, elle aussi envoie un sentiment de quiétude. Un ensemble parfait de fils enroulés en volutes à la manière d’un jardin japonais idéalement ratissé autour d’un petit trou mystérieux. Un petit vide à chaque extrémité où il est si tentant d’y enfouir le doigt à la recherche du bout de fil caché et de le tirer comme un long spaghetti, très long, car si vous n’y prenez pas garde vous vous retrouverez avec quelques deux cent mètres de laine sur les pieds. Encombrant ! Ce petit fil à tirer, avec modération, est une invitation à la création. Vite deux aiguilles à tricoter, du trois et demi, le numéro le plus justement équilibré. Ni trop gros, allez porter un énorme pull et ressembler à une aubergine ; ni trop fin, allez tricoter un gilet qui n’en finit pas de monter.

La pelote, ça caresse la joue, ça chatouille le nez. La pelote c’est magique, cinquante grammes de velouté, de douceur et de promesse de réussite pour un joli cadeau qui fera très plaisir à son destinataire mais bien moins qu’à sa créatrice.

A ce tableau idyllique il ne manque que le chat ronronnant… devant l’âtre rougeoyant… Oui mais ça c’était avant. Aujourd’hui la tricoteuse est trentenaire, branchée et espiègle. Elle tricote dans les cafés ou dans la rue, réalise des guirlandes, des écharpes à gogo ou des souris vertes. Elle habille les candélabres et les statues, elle a même son salon, c’est dire !

magasin laine

crédit image comptoir de la laine

 © Sylvie Andreini



La bataille des 10 mots

20 03 2013

 Qu’est ce que la Bataille des 10 Mots ?

Depuis 2011, la Bataille des 10 mots rassemble toutes celles et ceux qui aiment jouer avec les mots et la langue française. Basé sur les dix mots de l’année, définis dans le cadre de l’opération “Dis-Moi Dix Mots” à l’occasion de la Semaine de la langue française et de la Francophonie, le thème peut être traité sur tous les tons : poème, court récit ou nouvelle, photo, œuvre artistique ou digitale, performance, danse, musique, chant, vidéo…

La Bataille des 10 Mots est ouverte pendant seulement 24 heures, du 20 mars à 12h au 21 mars 2013 à 11h59. C’est pendant cette période que les participants francophones (France, Suisse, Belgique, Québec…) peuvent poster leur contribution sur ce site et… entrer dans la bataille !

Les dix mots de l’année sont : ATELIER, BOUQUET, CACHET, COUP DE FOUDRE, ÉQUIPE, PROTÉGER, SAVOIR-FAIRE, UNIQUE, VIS-À-VIS, VOILÀ.

Toutes les créations sont soumises à un jury de professionnels, qui sélectionne les meilleures œuvres dans chaque catégorie.
Les votes du public comptent également. Votez pour moi :-) !

Voici ma contribution

La promenade

C’est un petit atelier joliment biscornu, niché sous un bouquet de bouleaux blancs. Mademoiselle en avait eu le coup de foudre à sa première visite et en avait fait l’acquisition, pour Claude. Dotée d’un savoir faire et d’un goût évident, elle avait redonné à cet appentis encombré et envahi de toiles d’araignées un certain cachet, le charme discret de la campagne normande. En ce lieu unique, avec pour seul vis à vis un champ de coquelicots où elle ne sortait jamais sans son ombrelle pour se protéger des rayons du soleil, elle aimait penser qu’elle faisait équipe avec lui. L’aimer, le regarder peindre, voilà sa vie.

 © Sylvie Andreini

La promenade, Claude Monet
Claude Monet, La promenade



L’heure du rat

17 01 2013

Écriture à 4 mains.

A la manière d’Une histoire à quatre voix de Anthony Browne. Cet album de littérature de jeunesse rapporte la sortie au parc de quatre personnes : une femme et son fils, un père et sa fille. Chacun à son tour raconte la promenade de son point de vue.

L’exercice : choisir un fait ou un moment et le raconter quatre fois, de façon brève, en prenant les points de vue du personnage principal, de deux témoins et d’un objet qui joue un rôle dans la scène.

Elle, amusée

Il avance en équilibre sur le rebord de la fenêtre du salon, altier, la queue en l’air. Les positions dominantes ont sa faveur. Soudain, ses prunelles s’allument d’un nouvel éclat. Nerveusement, il tourne la tête sur le côté, saute à terre et s’élance dans une course rapide autour de la table. Ses pattes avants semblent avaler le sol et négocient un virage au coin de la table. Le train arrière chasse, il patine, dérape et repart de plus belle vers le couloir. Il grimpe les escaliers quatre à quatre en tentant probablement de battre son dernier record. A l’étage, ses pattes griffues rythment un staccato trépidant sur le parquet. Toutes les pièces y passent, accélérations, dérapages, ralentissements, ré accélérations se succèdent. C’est l’heure du rat.

Après quelques minutes folles, la cavalcade décroît et s’éteint, le silence revient. Du haut des marches il jette un regard princier avant d’entamer sa descente d’une démarche assurée, majestueux, autant qu’on peut l’être la tête en bas et le cul en l’air deux marches plus haut. Puis il se dirige vers moi, saute derechef sur mes genoux et s’y installe en rond sans solliciter mon accord, en heureux propriétaire. Une dernière léchouille sur sa patte et il s’endort.

Le chat, roi des souris

Chut ! Je crois que j’ai entendu un bruit, cela provient de la salon. Essayons de surprendre l’intruse. Rien du côté de la fenêtre, voyons un peu plus loin. Là, je l’ai vue, elle se cache sous la table. Je m’en vais te la déloger de là. Ah, la futée elle profite de mon dérapage pour envahir l’étage. Si elle croit m’échapper, elle se trompe. Je suis le plus rapide en gravissement d’escaliers. Aucune marche ne me résiste, je m’envole. La voilà, sous le lit. A nous deux. Elle s’enfuie dans l’autre chambre, sous l’armoire, puis derrière le chevet. Elle est bionique ou quoi ? Non, elles sont plusieurs, je comprends mieux. C’est une invasion ! Aux grands maux, les grands remèdes, un double salto et me voici transformé.  Je suis devenu “Super Cat” et je vous attraperai toutes, une par une ou deux par deux s’il le faut. Gare à vous !
Ah, cela fait du bien un peu d’exercice, mais je reprendrai la chasse demain. Désolé les filles, mon humaine lit en bas, je vais la rejoindre pour une sieste réparatrice.

L’escalier, mégalo

Je suis le centre névralgique de ces lieux. Dès l’ouverture de la porte principale on me découvre, et comme dans les maisons coloniales du sud des États Unis je m’élève impérialement et distribue toutes les pièces de l’étage. Au rez de chaussée j’occupe le centre du hall et régule la circulation. Je vois tout et distingue tous les pas. Lui, le pied bien posé sur chacune de mes marches en une ascension lente et mesurée. Elle, guillerette, sur la pointe des pieds pour muscler ses fessiers. Et ce fada de chat qui se prend pour un super héros.

Lui, lapidaire

Il est con ton chat.

chat blanc

Qui va là ?

 Exercice proposé par Rebecca

# Filplume



Automne

22 09 2012

Aujourd’hui c’est l’automne

L’eau tonne ? J’ savais pas.
J’ croyais que c’était l’eau rage.
Et des espoirs ? Eau si, comme
Rendre eau mage à l’eau Tage en Espagne.

Eau Tage en Espagne ?
J’ croyais que c’était des chats eau,
Ou alors des eaux berges.

Mon eau tonne mon eau bade ?
Eau tant en emporte l’auvent d’automne.
Dés eau lée. ;-)



Le bonheur d’écrire

10 08 2012

Le bonheur c’est simple comme l’odeur d’un cahier neuf. Une odeur d’enfance et de rentrée scolaire. Une odeur de nouvel élan et de possibles.

Ranger soigneusement le bureau et poser le cahier neuf devant soi. Au besoin le recentrer, qu’il soit bien droit. Il occupe tout l’espace, seul au milieu de la table, il trône en roi. En caresser la couverture glacée et colorée. Petit format à grands carreaux comme il se doit. L’ouvrir, passer la première page, ce sera celle du titre… plus tard. Lisser la deuxième page du plat de la main pour bien aplanir la pliure centrale. Il ne faut point se précipiter. C’est un moment unique, dès le premier tracé, plus jamais la page ne sera vierge. Laisser monter l’émotion, la déguster avant l’afflux des mots.

Le bonheur c’est simple comme le chuintement du stylo glissant sur le papier. L’imagination prend corps et devient vie. D’harmonieuses vagues violettes flottent sur le quadrillage. De temps en temps une petite île épaissit l’onde, c’est une rature. Un mot raté et repris pour voguer plus loin encore, vers des horizons nouveaux. L’avenir est au bout des petites lignes bleues.

Le bonheur c’est simple comme la première phrase d’un roman.

Le bonheur c’est d’écrire.

© Sylvie Andreini



Giboulée de notes

29 04 2012

 

Michael Kiwanuka
http://youtu.be/6bpWZt95Ncs?hd=1

Michael KIWANUKA - Album Home Again - Morceau : Rest

De grosses gouttes froides s’éclatent en pagaille.
L‘armée de nuées sombres amoncelées au ponant,
A fourbi ses armes et fait crépiter sa mitraille.
Surprise, je baisse la tête et remonte le col de mon caban.

De grosses gouttes grises rebondissent sur le parapluie.
Le ciel envoie ses déferlantes et tout autour se noie.
Abri précaire, je saute une flaque et presse le pas
Sous un ciel diluvien couleur de suie.

De grosses gouttes molles s’écrasent sur la terrasse.
Le vent s’est levé et agite les branches du lilas.
Avant de s’incliner en une odorante révérence,
Ses grappes violines entament une étrange danse.

Arrivée à bon port, j’ai savouré ce bien-être
Séché mes cheveux et glissé un disque dans le lecteur.
Le lamento envahit la pièce, mystérieux chanteur,
De légères notes soul rebondissent sur la fenêtre.

Assise dans la bergère de lin clair, j’ai fermé les yeux
Sa voix suave s’élève et m’enveloppe d’une douce chaleur.
Le lilas embaume encore, parfum mélancolique et soyeux,
De délicates notes soul éclatent dans mon cœur.

© Sylvie Andreini



Chat, chat, chat

31 03 2012

chat mouille

La douche, chat mouille
Et pis chat chat touille,
Pour un chat beauté,
Un chat pelé ou un chat laid.

Chat lit un chat pitre ?
Non chat rit, Vari.
Tu charries, chat marré
Chuis chat gris nez.

Chat peau chat mot !
Chalût et tcha haut !

chat mouille

 

© Filplume



Scène de ménage

11 03 2012

Ce matin, en levant la tête de mon bol de thé, mon regard est immédiatement attiré. Il se passe quelque chose d’inhabituel dehors. Sur fond de ciel gris, un couple, presque côte à côte, fait face à la maison. Pourtant, il existe un espace significatif entre eux deux, une distance affectée, serait-ce une brouille ?

Elle esquisse quelques pas sur la gauche Je dis “elle”, elle a l’air plus petite. Il glisse aussitôt sur le côté et maintient ainsi la distance.

Elle, il, sont des tourterelles. Sur le fil électrique, elle glisse à nouveau vers son compagnon, le corps ramassé en une attitude soumise. Il se déplace mécaniquement sur le côté, la tête fixe. Elle recommence plusieurs fois en bougeant sa tête gris pâle d’avant en arrière, le regard dans sa direction. Cela ressemble à une prière. Indifférent, il se déplace autant de fois, raide, le regard droit devant, drapé dans sa dignité.

Quelques minutes plus tard, lasse de tant d’indifférence elle s’envole dans la direction opposée pour repasser aussi vite derrière son compagnon qui ne bouge toujours pas d’une plume. Quel boudeur !

Epilogue
Ils sont revenus ce midi, collés-sérrés sur le fil de la discorde oubliée.

couple tourterelles

image chez http://www.oiseaux-birds.com/fiche-tourterelle-turque.html

 

© Filplume







Créer un Blog | Nouveaux blogs | Top Tags | 603 articles | blog Gratuit | Abus?